Posted by: Philip Carr-Gomm | November 6, 2013

Le Cycle de l’Annee

Le Pendule a Saloman. Bas-relief en façade de la Maison du Compagnonnage, rue de la Charpenterie, à Orléans. Il figure le "Pendule à Salomon". L'alphabet de la rainette est inscrit sur le tour extérieur. Ces traits tracés à l'aide d'une rainette sur les éléments de charpente en atelier permettent, par la suite, l'assemblage sur le site de construction des éléments de charpente entre eux. A figure referenced as the Druid Cross by Bishop Marc in his talk at the conference.

Le Pendule a Saloman. Bas-relief en façade de la Maison du Compagnonnage, rue de la Charpenterie, à Orléans. Il figure le “Pendule à Salomon”. L’alphabet de la rainette est inscrit sur le tour extérieur. Ces traits tracés à l’aide d’une rainette sur les éléments de charpente en atelier permettent, par la suite, l’assemblage sur le site de construction des éléments de charpente entre eux. A figure referenced as the Druid Cross by Bishop Marc in his talk at the conference.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

In October Stephanie and I went to Brittany to take part in an Eco-Conference hosted by the Celtic Orthodox Church. The conference was held over the St.Francis day weekend, and the theme was ‘The Cycle of the Year’. Speakers gave presentations on the annual cycle and its spiritual and ecological significance from the Taoist, Druid, Ayurvedic and Christian perspective.

I presented the Druid model together with contributions, music and song, from the wonderful harpist and long-time member of OBOD Myrdhin. Here is a photo gallery, and for those French members who read this blog, some notes on the talk and the meditation I gave.

It was wonderful to be at such a gathering. The weather was glorious, the hospitality as warm as the sun, and guess what? All four approaches concurred beautifully – each illuminating the other.

Bonjour ! Qui sont ces deux barbus devant vous ? Pourquoi les frères ont-ils invité des Druides – alors, sans doute des païens – à une conférence organisée par une église ?

Alors il faut nous expliquer un peu ! Je m’appelle Philip Carr-Gomm et cela fait  presque un demi-siècle que je suis la voie de la tradition druidique. J’ai rencontré mon maître Druidique à l’âge du 11 ans, il y a 50 ans, et c’est grâce à lui que j’ai un lien  avec  cette Église et cet endroit si  sacré. En  1963 Ross Nichols – son nom druidique  est Nuinn – est venu ici, et il a rencontré St.Tugdual, parce que tous les deux étaient membres d’un groupe Druidique – le Collège des Gaules. Il avait été intronisé  comme Archidiacre  et entre eux a commencé  une correspondance qui dura  jusqu’à la mort de St.Tugdual.

À mes côtés,  voici  Mydhin, le harpiste très célèbre, qui lui aussi est Druide,  mais encore plus trempé dans le chaudron que moi sans doute. Nous nous sommes rencontrés il y a presque quarante ans, quand Nuinn avait invité Myrdhin à jouer pour une fête druidique à Londres.

Et oui ! C’est comme ça que le destin travaille !

Maintenant, abordons le sujet de notre quête d’aujourd’hui:

À une heure d’ici il y a une forêt mystérieuse dans laquelle on peut trouver une clef pour mieux comprendre notre sujet : la forêt des légendes, Brocéliande. Quand aujourd’hui  Myrdhin nous chantera sa première chanson : « Que Veux Tu Brocéliande ? » nous pourrons entrer dans  cette forêt, dans notre imagination – visiter son lac : le Miroir des Fées, ses hauteurs, la Fontaine de Barenton, l’Hotié de Viviane…

MYRDHIN chante « Que Veux Tu Brocéliande ? »

Dans cette forêt, il y a une église creé en 1942 et les vingt années suivantes par l’abbé Henri Gillard, et elle est dédiée au Saint–Graal. L’abbé était entouré de sites liés aux légendes du Roi Arthur et de Merlin  et il a mis dans son église des peintures et des fenêtres illustrant ces sujets. Dans ces histoires, et surtout dans l’histoire du Graal on constate le lien  entre le monde et la religion préchrétienne des Druides, et entre le monde et la religion chrétienne. Et à  l’endroit où les deux mondes se rencontrent – il y a la possibilité  d’une grande créativité. Il y a aussi le potentiel d’un conflit, mais ce potentiel  de créativité peut-être utilisé – ce que l’abbé Gillard a essayé de faire – et ce que nous essaierons de faire ici aussi. Demain, Pere Marc parlera du sujet des cycles et il nous donnera un point de vue chrétien au sujet des cycles de la Nature et de  notre relation avec ces cycles. Aujourd’hui nous allons présenter le point de vue druidique.

De ce point de vue on commence avec l’idée que la vie, le sens profond de la vie, notre attitude, ne doivent pas provenir  d’une ligne : on ne veut pas l’épée – même Excalibur, sans le Graal – sans le cercle. On dit même que Dieu n’aime pas les lignes, mais il aime les courbes, les cercles.

Nous nous incarnons dans le monde du Temps et de l’espace et voilà – le cycle de notre vie, de l’année, sur cette terre ronde. Et l’on constate qu’il y a une liaison entre le rythme de la Nature et de notre vie physique, psychique. Alors le cycle n’est pas quelque chose d’externe qui roule autour et devant nous, c’est un cycle dont nous sommes une partie intégrante.

MYRDHIN chante

Le Mandala, la roue avec huit rayons des Druides, est constitué du cercle de l’année dans lequel se déroulent  huit festivals : 4 qui sont déterminés par le soleil, 4 par la terre elle-même, liée à la lune. Tout d’abord, nous  allons regarder ceux-là : ces moments de l’année sont des moments liminaux, des moments que l’on peut nommer des portes – entre ce monde et l’Autre-Monde bien-aimé des peuples celtes, qui parlent de ces moments dans la journée – l’aube et le coucher du soleil – quand il ne fait  ni jour ni nuit.

Voilà le moment qui approche – Samhain, le moment entre l’automne et l’hiver, quand on se souvient des ancêtres, ceux qui sont déjà passés de l’autre côté ; et puis Imbolc, entre hiver et printemps, mais  ni l’un ni l’autre, quand on commence à semer, à sentir les premières fleurs du printemps ; puis Beltane, quand la sève monte, le moment  qui n’est ni le printemps ni l’été ; puis Lugnasad – le premier festival de la récolte, c’est vrai que c’est souvent le plein été chez nous, mais si l’on regarde bien on constate que c’est le moment où l’été commence à diminuer, et l’automne fait ses premiers pas vers nous. Ces quatre festivals sont très anciens, liés à la vie pastorale de nos ancêtres, et ils peuvent  être reliés à la lune.

C’est-à-dire : ces quatre visages sont symboliques. À Imbolc avec la lune croissante – il faut penser à de bons projets, des pensées pour l’avenir. Et puis c’est la pleine lune à Beltane : temps de la procréation et de la fertilité sur la terre ; la lune décroissante à Lughnasad – la récolte commence, on commence à réfléchir, à cueillir les fruits de ce que l’on a semé, et puis c’est la lune noire de Samhain quand on doit regarder dans l’Autre-Monde, et repenser au passé.

Maintenant, nous allons regarder les festivals qui sont déterminés par le passage de la terre autour du soleil. Tout d’abord les 2 équinoxes : elles divisent l’année entre une moitié sombre et une moitié lumineuse. Six mois où l’on se concentre plus sur le monde extérieur – entre le 22 mars et le 22 septembre –, et puis six mois quand la vie intérieure et l’intérieur de nos maisons sont plus importants,  du 22 septembre jusqu’au 22 mars. Et…

Ces deux courants existent encore avec les solstices où l’on constate que la puissance du soleil commence  à s’agrandir au solstice d’hiver, le 21/22 décembre et, petit à petit il devient plus fort jusqu’au solstice d’été  le 21/22 juin, le jour le plus long de l’année. Et puis cela change – et c’est le contraire, les nuits deviennent plus longues ; alors les solstices sont des points d’appui où tout change en un instant.

Alors sont-elles utiles – toutes ses idées ? On essaiera de ressentir ces vérités à un autre niveau que l’intellect : ce que l’on fait dans le Druidisme, c’est équilibrer la théorie  avec la pratique – année par année. Nous allons faire maintenant  une méditation.

MEDITATION

Imaginez que vous êtes à la campagne et que vous allez marcher jusqu’au sommet d’une colline pour célébrer le festival du solstice d’été. Vous marchez…

Et vous atteignez le sommet de la colline avec la promesse de l’aube dans le ciel au-dessus et devant vous.

Et d’autres aussi se sont rassemblés ici. De chaque direction, un par un, les voilà qui  arrivent, pour être debout et être assis, ici, sur le versant de cette colline, pour y attendre l’aube.

Et il y a ceux qui arrivent d’un autre monde que celui que nous connaissons. Ce sont les ancêtres : les visages  burinés de ceux qui nous ont précédés, qui sont les témoins de l’héritage de l’humanité qui comporte tant de beauté et tant de chagrin.

Et ici, sont présents  des êtres dont la nature est si mystérieuse que nous ne connaitrons peut-être jamais leurs origines. Il y a des créatures du vent et du feu, du torrent impétueux, de l’arbre et de la fleur, du rocher et du versant de la colline. Il y a des créatures du Sidhe : le peuple sauvage, le peuple des faery, les forces élémentaires de la Mère Terre dans leurs myriades de formes de force, de conscience et de beauté. Ici, présents, à la veille du plein été.

Et vous faites une pause dans le silence du moment. Tout votre être, toute votre conscience, contenus dans cet instant.

Et puis – le premier rayon de soleil apparait au-dessus de l’horizon et vous atteint en plein cœur, l’emplissant de lumière et de chaleur.

Graduellement  pendant que le soleil se lève vous sentez sa lumière et sa chaleur s’étalant sur votre visage, votre corps.

La lumière et la chaleur coulent en vous, encourageant chaque fleur de votre âme à fleurir, chaque feuille à éclore. Vous vous sentez plein de force, plein d’espoir, plein d’amour et de clarté.

Vous vous agenouillez et vous touchez la terre de la paume de vos mains, ressentant votre amour de la Terre. Et vous demandez une bénédiction pour la terre, une bénédiction pour votre vie, une bénédiction pour toute vie.

Levez vos mains et portez-les à votre cœur…

Puis, vous reprenez votre chemin et en descendant de la colline, la scène s’efface de votre esprit et vous prenez conscience d’être ici, dans cet endroit, complètement présent. Ici et maintenant.

With many thanks to the wonderfully gifted translator Dany Seignabou


Responses

  1. Merci Philip! but for the readers: I barely touched his speech because Philip’s french is very good! 🙂

  2. Thank you for this nice text.

  3. Cool, I’m in France and British but the text came up in French, it was very pretty in French 🙂


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